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CONFERENCE SAWAP, DAKAR

sawap-slide-conf-1Dix ans après sa création, l’Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel fait l’état des lieux de ses actions ainsi que celles des différentes organisations partenaires qui la soutiennent, à Dakar au Sénégal, du 2 au 7 mai 2016.

D’un concept de ceinture verte de 7000km s’étendant du Sénégal à Djibouti pour stopper l’avancée du désert, la Grande Muraille Verte a évolué en un programme panafricain de développement rural durable qui vise à combattre la dégradation des terres et la désertification, à améliorer la sécurité alimentaire, environnementale et économique, à soutenir les communautés dans l’adaptation aux changements climatiques.

Cette évolution a été citée par M. Abdoulaye Baldé, Ministre de l’environnement et du Développement Durable du Sénégal,lors de son discours d’ouverture, ce 3 mai. En effet, il a rappelé que « l’Initiative de la Grande Muraille verte constitue une stratégie de valorisation des potentialités des zones sahélo sahariennes avec une réelle implication des acteurs de base et des collectivités locales ». Toujours dans l’esprit d’échange et de partage d’expérience, il a cité l’exemple du Sénégal, un des pionniers de l’Initiative de la Grande Muraille Verte, dont la stratégie se base essentiellement sur des actions solidaires entre parties prenantes.

Cette solidarité d’actions a été également soulevée par M. Vincent Martin, représentant la FAO Sénégal, lors de son mot de bienvenue au nom de M. Jose Graziano Silva, Directeur Général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). En effet, « synergie et complémentarité des parties prenantes, mobilisation des compétences techniques et des ressources financières, démarche inclusive et trans disciplinaire », sont de son avis des sine qua none pour l’atteinte des résultats de l’Initiative sur les 20 pays africains qu’elle couvre. Ainsi la FAO, est engagée à travers de nombreuses initiatives et actions à l’exemple de son appui à l’élaboration et la validation de la stratégie régionale harmonisée, son programme Action Contre la Désertification, financé par l’Union Européenne, et mis en oeuvre dans 6 pays de la Grande Muraille Verte. Ces différentes initiatives et actions cités par M. Vincent Martin, ont été plus largement discutés lors de la journée du 4 mai, dédiée à la Fao et à son action pour la résilience et la restauration des sols.

De l’avis de Dr Janet Edeme, Directrice à la Commission de l’Union Africaine et représentant Mme la Commissaire de l’économie rurale et de l’agriculture de la commission de l’Union Africaine, 10 ans après sa création, l’Initiative de la Grande Muraille Verte est la plus innovante initiative comme le dit l’UNCCD « a world wonder ». Elle constitue une plateforme globale, avec des parties prenantes multiples qui ensemble combattent la dégradation des terres et la désertification. Ces terres arides dont il est question regorgent d’opportunités en termes de ressources naturelles et humaines, ont un fort potentiel en création de valeurs et développement durable pour des populations résilientes, fortes et prospères. En effet, 60% de la population africaine y vivent, 70% de la population animale sont fournies par ces terres arides.

Ainsi, la dégradation des terres reste un processus réversible comme l’a souligné Dr Djimé Adoum. Tout en rappelant les nombreux acquis du CILSS avec son expertise forte de 43 ans dans les actions de coordination des politiques nationales de Gestion des ressources naturelles, de renforcement de capacités des pays dans la lutte contre la désertification et l’adaptation à la variabilité et au changement climatique, de mise en oeuvre de programmes d’investissement comme le SAWAP avec la Banque Mondiale, l’OSS et l’UICN…, il a souligné que la gestion durable et intégrée des terres reste un outil efficace pour une solution structurelle à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique.

« L’Initiative Grande muraille verte offre une plateforme opérationnelle pour répondre au défi du développement des terres arides africaines », dira Jamal Saghir, Conseiller régional du Vice-président pour l’Afrique du Groupe de la Banque mondiale, qui a réitéré l’appui constant de la Banque Mondiale à la résilience au climat en Afrique.

Ces allocutions tout en campant le décor de cette première conférence sur l’Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel, ont fait place tout au long de cette première journée à des présentations des institutions et organisations partenaires à l’initiative : NEPAD, FEM, GM-UNCCD,OSS, UICN-PACO, Agence Panafricaine de la GMV…, et de différents panels et tables rondes ministériels.

Les partenaires techniques et financiers, sociétés privés ont également partagé les actions et initiatives entrant dans le cadre de la gestion durable des terres et la restauration des sols.

C’est sur une note conviviale avec un cocktail offert et l’expérience de la réalité virtuelle Grande Muraille Verte que cette journée d’ouverture a tiré ses rideaux.